Alors que l’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans les devoirs, le débat sur les méthodes d’apprentissage refait surface. En Flandre, la ministre de l’Éducation, Zuhal Demir, plaide pour un retour accru au stylo et au papier en classe. En même temps, près de 7 000 candidats à l’examen d’entrée en médecine ont dû s’asseoir « à l’ancienne » à leur pupitre, avec une feuille de papier et un stylo, pour limiter le risque de tricherie via l’IA. Ces deux actualités illustrent une tendance plus large : malgré l’essor des nouveaux outils numériques, le papier conserve des qualités essentielles pour apprendre, réfléchir et évaluer ses connaissances.
Le papier, un allié de la réflexion
D’après l’étude flamande « Apenstaartjaren », 77 % des lycéens utilisent au moins une fois par semaine une appli dotée d’intelligence artificielle. Une grande majorité d’entre eux s’en sert pour s’aider à faire leurs devoirs, mais beaucoup n’en parlent ni à leurs profs ni à leurs parents.
Face à cette évolution, la ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir, appelle les écoles à investir davantage dans l’écriture à la main. Son message, ce n’est pas de rejeter l’IA, mais d’éviter qu’elle ne se substitue au travail intellectuel de l’élève. Selon elle, apprendre, c’est avant tout développer sa capacité à réfléchir, à analyser et à formuler ses propres idées.
Cette vision rejoint de nombreuses observations pédagogiques qui montrent que l’écriture à la main favorise la compréhension, la structuration des idées et la mémorisation. Le papier offre en plus un environnement de travail sans notifications, sans onglets ouverts ni distractions constantes – autant d’éléments qui peuvent perturber la concentration.
Retour au format papier pour l’examen d’entrée en médecine
On retrouve ce même souci dans l’organisation de l’examen d’entrée en médecine en Flandre. Début juillet, près de 7 000 candidats ont passé leur examen sur papier au Brussels Expo, tous réunis au même endroit.
Cette décision fait suite à des cas de tricherie constatés lors de la précédente édition. Plusieurs participants avaient réussi à accéder à ChatGPT pendant un examen sur ordinateur. Pour garantir l’égalité des chances et l’intégrité de l’examen, les organisateurs ont donc décidé de revenir à un format papier, similaire à celui utilisé avant la pandémie.
Les mesures de sécurité ont aussi été renforcées : les ordinateurs portables, les smartphones, les montres connectées et autres appareils électroniques étaient interdits. L’organisation a même fourni des bouchons d’oreille pour ne laisser planer aucun doute.
Trouver le bon équilibre
Ces deux exemples montrent que le débat ne se résume pas simplement à une opposition entre le papier et le numérique. Les outils numériques et l’intelligence artificielle offrent des possibilités considérables en matière d’accès à l’information et d’apprentissage personnalisé. Mais ils nous rappellent aussi à quel point il est important de préserver des compétences de base comme l’écriture, la réflexion critique et la concentration.
Le défi pour l’éducation dans les années à venir sera donc de trouver un bon équilibre entre l’innovation technologique et les méthodes d’apprentissage qui ont fait leurs preuves. Dans cette synergie, le papier continue d’apporter une valeur ajoutée unique : celle d’un support qui favorise la réflexion personnelle, l’assimilation des connaissances et une concentration plus durable.
Sources
- HLN – Zuhal Demir plaide pour le stylo et le papier en classe, maintenant que les jeunes font leurs devoirs avec l’IA
- VRT NWS – Après la fraude à l’IA de l’année dernière : 7 000 étudiants passent aujourd’hui l’examen d’entrée en médecine avec un stylo et du papier
- HLN / VTM Nieuws – Plus aucune possibilité de tricher avec l’IA : 7 000 étudiants passent aujourd’hui l’examen d’entrée en médecine avec un stylo et du papier