Firmin François, président de Papier.be, sur l’impact de greenwashing sur l’industrie papetière

Greenwashing ou l’art de se verdir … par le mensonge.

C’est devenu une mauvaise habitude mais bon nombre d’acteurs de la société se plaisent à vanter leurs produits en verdissant leur impact, ce qui donne bonne conscience aux consommateurs. Si dans de nombreux cas, l’impact positif sur l’environnement est réel, d’autres exemples relèvent d’une pure stratégie marketing sans fondement scientifique et sans bénéfice environnemental avéré.

C’est ce que l’on appelle communément le greenwashing.

Et à l’heure de la digitalisation de notre société, le papier est souvent la cible de cette technique de désinformation. L’exemple le plus criant est celui de la « sauvegarde » des arbres.

Il est vrai qu’à la base (avant son cycle du recyclage), le papier est constitué de fibres de cellulose qui proviennent du bois. Donc envoyer un email plutôt qu’une lettre pourrait laisser croire qu’on épargne des arbres. La réalité est bien différente. Les fibres de bois utilisées pour la production de papier proviennent de sous-produits de la forêt (branches, taillis, houppiers) ou de déchets du sciage des troncs (plaquettes). Donc ne plus valoriser ces sous-produits ou ces déchets ne permet en aucun cas de « sauver » des arbres. Une seule exception, les arbres à croissance rapide (eucalyptus ou pins) qui sont plantés exclusivement pour la production de pâte à papier. C’est le cas dans certains pays comme l’Amérique du Sud ou le sud de l’Europe mais ce n’est pas le cas dans nos régions. Un bel exemple de cette désinformation est celui de Zoomit qui promeut les paiements et les décomptes électroniques en prétendant sauver des arbres…  Et que penser de l’impact environnemental du monde digital, de l’impact de l’extraction des minerais nécessaires à la fabrication des appareils du numérique, ou encore des besoins énergétiques colossaux de ce monde virtuel (data centers, ordinateurs, etc.) ?  Sans compter que ces matières premières ne sont pas renouvelables alors le bois issu de forêts gérées durablement est bien considéré comme renouvelable. Le débat est complexe et mérite de la nuance.

Les citoyens et les consommateurs ont droit à être informés d’une façon honnête et scientifiquement prouvée, surtout quand on parle d’environnement. Et la commission européenne l’a bien compris, puisqu’un projet de directive est en préparation pour lutter contre le greenwashing.

Fidèle à sa mission, Papier.be continuera à défendre avec rigueur et objectivité l’image environnementale du papier et de ses produits.

Firmin François